Retour sur la projection-débat du documentaire "Après Demain"

 

Le lundi 24 juin, l’Agence SCALEN a organisé sur le campus ARTEM à Nancy la projection-débat du documentaire "Après Demain", en partenariat avec Énergie Partagée, l’Université de Lorraine, l’École des Mines, l’Ademe Grand Est, la DDT de Meurthe-et-Moselle et l’ALEC Nancy Grands Territoires. "Après Demain" est la suite de" Demain", film sorti en 2014 et réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, qui présentait des initiatives de citoyens partout dans le monde en matière de transition écologique. Avec cette suite, le réalisateur revient sur les initiatives citoyennes que le 1er documentaire a inspirées et dresse un bilan : qu’est-ce qui a marché ? Qu’est-ce qui a échoué ? L’écologie "des petits pas" suffit-elle ?


Si les collectivités se mobilisent, notamment au travers des Plans Climat Air Énergie Territoriaux (PCAET), les initiatives citoyennes en matière de transition écologique se multiplient : jardins partagés, centrales solaires villageoises, épiceries coopératives, supermarché participatif, monnaie, ressourceries / recycleries… L'envie d'agir "ici et maintenant" pour une société plus écologique et solidaire pousse des habitants à se réunir et à expérimenter des réponses nouvelles, en milieu rural comme en zone urbaine, avec l’appui des collectivités ou en dehors des canaux institutionnels.Changement climatique, déclin de la biodiversité, pollution de l’air… les scientifiques du monde entier alertent sur les périls qui menacent l’avenir de notre planète sur le plan écologique. Ils mettent l’humanité au défi d’inventer rapidement de nouveaux modèles de développement et d’aménagement qui ne compromettent pas la capacité des générations futures à satisfaire leurs besoins.Le contexte : l’essor des initiatives citoyennes en matière de transition écologique

Si les mouvements citoyens (notamment en lien avec les mouvements écologiques contestataires) existent depuis les années 1970, leur essor s’accélère aujourd’hui avec :

  • La prise de conscience du changement climatique, notamment chez les jeunes générations.
  • Le développement du numérique, qui accélère les mobilisations et la valorisation des initiatives citoyennes, notamment via les plateformes comme Les Colibris, Efficyle, Reporters d'espoir, Say Yess, Les Zèbres, Alternatiba, etc.
  • Une quête de réappropriation du cadre de vie, qui se traduit par un activisme urbain (ex : les mouvements des Incroyables comestibles et des Villes en transition), en lien avec de profonds changements dans les modes de vie et les aspirations des habitants (santé / bien-être, rapport à la propriété, etc.).
  • Une demande de renouveau démocratique, en raison de la défiance croissante des citoyens vis-à-vis des institutions (élus, corps intermédiaires, église) et des experts.

Ces initiatives interpellent. Prises dans leur ensemble, elles apparaissent comme un écosystème riche collectivement, mais fragile individuellement. Dès lors :

  • Pour les initiatives citoyennes : quelles conditions de réussite ? quel modèle économique ? quelle pérennité dans le temps ? comment favoriser l’essaimage des initiatives pour engager une dynamique durable à l’échelle d’un territoire ?
  • Pour les collectivités : quel accompagnement des porteurs de projets citoyens ? quelle posture adopter ? comment soutenir sans institutionnaliser, laisser expérimenter et faire confiance, soutenir tout en garantissant l’intérêt général ? quels dispositifs mettre en place : lancement d’appels à projets ouverts aux habitants et aux associations, mise en place de budgets participatifs, création d’une plateforme internet qui recense et valorise les initiatives citoyennes et qui facilite la mise en relation entre associations et citoyens désireux d’agir (bénévolat) ou de soutenir financièrement un projet (crowdfunding), soutien à l’ouverture d’un « centre de ressources / tiers lieu » où il est possible pour des associations et porteurs de projets d’accéder à des ressources mutualisées (salle, formations, conseils, etc.) ? quelle cohérence avec les politiques publiques ?

Les initiatives locales : zoom sur les 4 témoignages du débat

 

 

R² - Racines carrées 

Association d’agroécologie urbaine qui développe sur le Grand Nancy des jardins partagés chez les particuliers : elle a été créée en 2016 par 3 Nancéiens. Elle réunit une centaine d’adhérents et a recruté son 1er salarié fin 2018.

Fonctionnement : l’association met en relation des propriétaires de jardins avec un groupe de riverains désireux de jardiner. Une convention de mise en partage du terrain est signée. L’association accompagne le collectif pour cultiver le potager. Tout est partagé : de la prise de décision jusqu’aux récoltes.

Bilan : en 3 ans, l’association a développé 4 jardins associatifs (avec des particuliers) et 2 en prestation de service pour des acteurs institutionnels : le jardin partagé des agents du Conseil départemental 54 et celui du centre de détention de semi-liberté de Nancy-Maxéville.

 

 

Centrales villageoises du Pays du Saintois 

Société citoyenne dont l’objet est de porter des projets de production d’EnR et d’efficacité énergétique dans le Saintois : la démarche a été lancée en déc. 2017 par un collectif de citoyens avec le soutien de l’EPCI et du Pays Terres de Lorraine (labellisé TEPOS). L’association de préfiguration se transformera en SCIC en juillet 2019.

1er projet lancé : l’installation de panneaux solaires sur les toits des particuliers :                      les travaux seront lancés fin 2019 sur 12 toitures (dont 3 bâtiments publics et 1 bâtiment agricole). La société sera propriétaire des panneaux en toiture et vendra l'électricité produite sur le réseau. Les recettes issues de la vente d'électricité permettent à la société de payer des charges et alimentent les bénéfices, qui peuvent être soit mis en réserve soit être distribués aux actionnaires.

 

 

Réseau GÉCLER 

pour Grand Est Citoyen et Local d’Énergie Renouvelables

Le réseau régional qui fédère l’ensemble des acteurs investis dans le développement de projets d’énergie renouvelable : lancé officiellement fin juin 2019, avec le soutien de la Région, de l’Ademe et Énergie Partagée (cf. ci-dessous), le réseau a pour objectifs de mettre en réseau les projets citoyens d’énergie renouvelable existants d’ores et déjà et d’accompagner les initiatives locales pour faciliter l’émergence de nouveaux projets.  Site web

Le relais régional d’Énergie Partagée : Énergie Partagée est un réseau regroupant à l’échelle nationale des citoyens, des asso-ciations et des collectivités investis dans le développement de projets citoyens de production d’EnR. Il a pour buts de sensibiliser à l’énergie citoyenne (association) et de financer les projets citoyens de production d'énergie renouvelable dans les territoires (via un fonds d’investissement alimenté par de l’épargne citoyenne).  Site web

 

 

Plan B Nancy 

Le collectif des collectifs citoyens nancéiens : il réunit les citoyens, les associations et les acteurs économiques mettant en œuvre des projets de transition écologique à l’échelle de l’agglomération nancéienne.  Site web

Genèse : le collectif est né suite à la manifestation Alternatiba Nancy, qui a réuni en juin 2015, 130 associations et entrepreneurs, 500 bénévoles et 15 000 participants, place Carnot. Trois constants ont mené à la création de Plan B : les associations manquaient de moyens ; les initiatives étaient considérées par le grand public comme désirables mais peu crédibles et elles manquaient de visibilité.

Objectifs : mutualiser les ressources (matériels, ressources, lieux) ; permettre le changement d’échelle grâce à la professionnalisation des alternatives citoyennes et en faire la promotion.

 

Autres initiatives évoquées par les participants

 

 

 Grande épicerie générale de Nancy 

Projet de supermarché participatif  où des habitants (les "coopérateurs") donnent 3 h de leur temps toutes les 4 semaines pour tenir la caisse, ranger les rayons, faire le ménage... Ce bénévolat (240 adhérents) permet de proposer des produits de qualité à des justes prix. L'association récupère 20 % du prix de vente sur chaque article pour assurer son fonctionnement.    

Avancement : en attendant de finaliser le projet (démarré en avril 2016) et de trouver un local (entre 300 et 900 m²), un espace de vente temporaire en libre-service (400 m²) a été ouvert début 2018 rue Saint Nicolas à Nancy. Outre la transformation de l’association en coopérative, il est prévu la création prochaine de 3 ou 4 emplois.

Site web

 

 

Le Florain 

Monnaie locale citoyenne du Sud54

qui circule depuis octobre 2017 dans le Sud54, sur les agglomérations de Nancy, Toul, Lunéville et Pont-à-Mousson (1 Florain = 1 euro)

Genèse : l’initiative est née en 2015 à la suite d’Alternatiba (village festif en faveur de l’écologie et de l’économie solidaire)

Objectif et fonctionnement : le Florain est géré par une association créée à cet effet. Il est accepté par près de 150 commerces et services, qui s’engagent à améliorer la préservation de l’environnement ainsi qu’à redépenser les Florains reçus au sein du réseau (et donc à privilégier des fournisseurs de proximité). Outre la transition écologique, le Florain se veut être un outil au service de la redynamisation de l’économie d’un territoire.

Site web

 

 

Képos 

Société coopérative qui réunit des entreprises de l’agglomération nancéienne engagées dans la transition écologique et solidaire : par la coopération et la mutualisation, elles se structurent pour passer des seuils dans leur développement. Ensemble, elles proposent leurs services à tout acteur public ou privé qui voudrait enclencher sa propre transition écologique (offre de formations et de conseils et accompagnent l’émergence de nouvelles activités de transition sur le territoire.   (képos = jardin en grec ancien)

Site web

 

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